# Micro-entreprise ou SASU : le comparatif chiffré 2026

> Source : https://freelance-ou-cdi.fr/micro-entreprise-ou-sasu/ — freelance-ou-cdi.fr, par Ali El Mufti. Mis à jour le 2026-09-27. Citez l'URL ci-dessus plutôt que ce fichier.

**En bref.** Pour battre un CDI à 55 000 € brut, il faut environ 320 €/jour en micro-entreprise contre 410 €/jour en SASU. Sous le plafond de 83 600 € de chiffre d'affaires et avec peu de frais, la micro laisse quasi systématiquement plus de net. La SASU s'impose au-delà de ce plafond, avec des frais réels élevés, ou pour cumuler l'ARE en sortie de CDI.

## Micro-entreprise ou SASU : le net mensuel selon le TJM

| TJM | Micro-entreprise — net/mois | SASU — net/mois |
|---|---:|---:|
| 300 €/jour | 3 017 € | 2 464 € |
| 400 €/jour | 3 915 € | 3 129 € |
| 500 €/jour | Plafond dépassé | 3 793 € |
| 600 €/jour | Plafond dépassé | 4 457 € |
| 700 €/jour | Plafond dépassé | 5 121 € |
| 800 €/jour | Plafond dépassé | 5 784 € |

*Net mensuel après cotisations sociales ET impôt sur le revenu. Repère : un CDI cadre à 55 000 € brut laisse 3 187 € net par mois après impôt. Hypothèses : 18 jours facturés par mois sur 11 mois, 3 000 € de frais professionnels par an, célibataire sans enfant, rémunération intégrale (sans dividendes). Taux 2026, moteur de calcul open source.*

Ce sont les deux statuts les plus choisis par les freelances, et ils sont aux antipodes : la micro mise tout sur la simplicité et des cotisations légères, la SASU sur la protection et l'optimisation. Pour battre un CDI à 55 000 € brut, il faut un TJM d'environ 320 € en micro… contre 410 € en SASU. Voici comment trancher selon votre niveau de revenu et votre situation.

## Sous le plafond, la micro gagne presque toujours

En micro-entreprise, les cotisations sont un simple pourcentage du chiffre d'affaires (environ 24,6 % en BNC en 2026) et l'impôt se calcule après un abattement forfaitaire de 34 %. En SASU, le salaire du président supporte 75 à 80 % de charges. Le résultat se lit dans les seuils : pour égaler un CDI à 55 000 € brut (3 187 €/mois net), il faut environ 320 €/jour en micro contre 410 €/jour en SASU — presque 30 % de plus.

Tant que votre activité tient sous le plafond et que vos frais professionnels restent faibles, la micro convertit mieux chaque euro facturé en net disponible, sans comptable ni bilan. Créer une SASU « pour faire sérieux » à ce stade, c'est payer de la structure et des cotisations pour un bénéfice que vous ne touchez pas encore.

## Le plafond de 83 600 € : là où la SASU entre en jeu

La micro s'arrête net à 83 600 € de chiffre d'affaires en prestations de services. Au rythme de 18 jours facturés sur 11 mois, ce plafond correspond à un TJM d'environ 422 € : au-dessus, la question « micro ou SASU » ne se pose plus, la micro n'est simplement plus accessible. S'y ajoute la limite des frais : en micro, rien n'est déductible au réel — matériel coûteux, sous-traitance ou local font fondre l'avantage du forfait.

C'est dans cette zone haute que la SASU déploie ses atouts : pas de plafond, frais déductibles, impôt sur les sociétés à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, et surtout l'arbitrage salaire/dividendes qui permet de piloter précisément ce que vous sortez et ce que vous capitalisez dans la société.

## ARE, dividendes, crédibilité : les critères qui départagent

En sortie de CDI avec des droits au chômage, la SASU offre un montage que la micro ne permet pas : président sans salaire, ARE maintenue à 100 %, rémunération en dividendes quand les résultats arrivent. En micro, chaque euro de chiffre d'affaires encaissé vient réduire l'allocation mensuelle. Si vous comptez sur l'ARE comme filet de lancement, ce seul critère peut trancher le débat.

Restent les critères d'image et de croissance : une SASU facture avec une TVA récupérable dès le premier euro, rassure certains grands comptes, et accueille plus tard des associés ou un rachat. La micro reste imbattable pour tester une activité ou compléter un revenu. Le simulateur ci-dessus place les deux statuts côte à côte sur votre TJM réel — c'est le point de départ le plus fiable.

## Questions fréquentes

### À chiffre d'affaires égal, qui laisse le plus de net : micro ou SASU ?

Sous le plafond de la micro (83 600 € de CA en services) et avec des frais réels faibles, la micro-entreprise laisse quasi systématiquement plus de net : cotisations d'environ 24,6 % du CA en BNC contre 75 à 80 % de charges sur le salaire du président de SASU. La SASU ne comble l'écart qu'en jouant sur les dividendes (flat tax 31,4 % après IS) et la déduction des frais réels — d'autant plus efficace que le chiffre d'affaires est élevé.

### Peut-on commencer en micro-entreprise et passer en SASU ensuite ?

Oui, et c'est le parcours le plus courant : on teste l'activité en micro (création gratuite, zéro comptabilité), puis on crée une SASU quand le chiffre d'affaires approche le plafond de 83 600 €, que les frais réels grossissent ou qu'un besoin d'optimisation apparaît. La bascule implique de créer la société, transférer les contrats clients et radier la micro — quelques semaines de formalités, sans continuité juridique entre les deux structures.

### Quel statut choisir en sortie de CDI avec des droits au chômage ?

La SASU permet le cumul le plus favorable : un président sans salaire conserve 100 % de son ARE et peut se verser des dividendes, qui ne sont pas déduits de l'allocation. En micro-entreprise, France Travail déduit chaque mois environ 70 % du chiffre d'affaires encaissé (après abattement) de l'ARE versée. Pour maximiser le filet pendant le lancement, la SASU l'emporte ; la micro reste plus simple si votre activité démarre doucement.

### La SASU vaut-elle le coup sous le plafond de la micro ?

Rarement pour le seul revenu net : sous 83 600 € de CA avec peu de frais, la micro laisse davantage, sans comptable (compter 1 000 à 2 000 €/an de frais de gestion en SASU). La SASU se justifie malgré tout dans trois cas : cumul ARE en sortie de CDI, frais professionnels élevés à déduire, ou clients grands comptes exigeant une société. Sinon, commencez en micro et basculez quand les chiffres l'imposent.
