# Portage salarial ou micro-entreprise : sécurité contre net maximal

> Source : https://freelance-ou-cdi.fr/portage-salarial-ou-micro-entreprise/ — freelance-ou-cdi.fr, par Ali El Mufti. Mis à jour le 2026-09-27. Citez l'URL ci-dessus plutôt que ce fichier.

**En bref.** À 400 € par jour, la micro-entreprise conserve environ 59 % du chiffre d'affaires en net après cotisations et impôt, contre environ 43 % en portage salarial — plusieurs centaines d'euros d'écart chaque mois. Cette différence finance la protection du portage : assurance chômage, retraite complète du régime général et prévoyance, qu'aucune micro-entreprise n'offre.

## Portage salarial ou Micro-entreprise : le net mensuel selon le TJM

| TJM | Portage salarial — net/mois | Micro-entreprise — net/mois |
|---|---:|---:|
| 300 €/jour | 2 235 € | 3 017 € |
| 400 €/jour | 2 870 € | 3 915 € |
| 500 €/jour | 3 468 € | Plafond dépassé |
| 600 €/jour | 4 066 € | Plafond dépassé |
| 700 €/jour | 4 664 € | Plafond dépassé |
| 800 €/jour | 5 262 € | Plafond dépassé |

*Net mensuel après cotisations sociales ET impôt sur le revenu. Repère : un CDI cadre à 55 000 € brut laisse 3 187 € net par mois après impôt. Hypothèses : 18 jours facturés par mois sur 11 mois, 3 000 € de frais professionnels par an, célibataire sans enfant, rémunération intégrale (sans dividendes). Taux 2026, moteur de calcul open source.*

Même métier, même TJM, deux mondes : à 400 €/jour, la micro-entreprise vous laisse environ 59 % du chiffre d'affaires en net après cotisations et impôt, le portage environ 43 %. La différence achète une vraie protection — chômage compris. Ce comparatif chiffre exactement ce que chaque statut garde et ce qu'il couvre, pour choisir en connaissance de cause.

## À TJM égal, l'écart de net est massif

Le chemin de l'argent explique tout. En micro, le chiffre d'affaires supporte environ 24,6 % de cotisations (BNC 2026) puis l'impôt après abattement de 34 % : sur un TJM de 400 €, il reste environ 59 % en net dans votre poche. En portage, la société prélève d'abord ses frais de gestion (souvent 5 à 10 %), puis l'enveloppe restante subit cotisations patronales ET salariales du régime général avant impôt : il reste environ 43 % du même chiffre d'affaires.

Sur une année pleine à 400 €/jour (environ 79 000 € facturés), l'écart se compte en dizaines de milliers d'euros. Aucun des deux statuts ne « triche » : le portage transforme la différence en droits sociaux. La vraie question est de savoir si ces droits valent, pour vous, ce qu'ils coûtent.

## Ce que le portage achète avec la différence

Le portage est le seul statut freelance qui cotise à l'assurance chômage : mission terminée, vous pouvez ouvrir des droits à l'ARE comme n'importe quel salarié. S'ajoutent la retraite complète du régime général (base + complémentaire), la prévoyance, la mutuelle d'entreprise, et un bulletin de salaire qui change tout face à un banquier pour un crédit immobilier. La micro n'offre rien de tout cela : retraite réduite, pas de chômage, et des revenus que les banques regardent avec prudence les premières années.

Le portage épargne aussi la gestion : pas de facturation à relancer, pas de déclarations URSSAF, pas de franchise de TVA à surveiller. Pour une mission longue chez un grand compte qui exige un cadre salarié, ou une transition entre deux CDI, ce confort a une vraie valeur — que le simulateur ne mesure pas, mais que votre tranquillité connaît.

## Plafonds, TVA, minimums : les contraintes croisées

Chaque statut a sa zone d'exclusion. La micro plafonne à 83 600 € de chiffre d'affaires en prestations — environ 422 €/jour au rythme de 18 jours sur 11 mois — et sa franchise de TVA saute dès 37 500 €. Le portage, lui, a un plancher : la plupart des sociétés refusent les TJM sous 250 à 300 €, car l'enveloppe ne suffit plus à constituer un bulletin de paie conforme au minimum conventionnel.

La règle de décision tient en deux profils. Vous optimisez le net, vos frais sont faibles, vous tolérez le risque : micro, tant que le plafond le permet. Vous voulez un filet (chômage, retraite pleine, crédit immobilier en vue) ou votre client impose un cadre salarié : portage, en acceptant son coût. Beaucoup de freelances font d'ailleurs les deux au fil de leur carrière — le simulateur vous dit ce que chaque option vaut à votre TJM.

## Questions fréquentes

### Quel écart de revenu entre portage et micro-entreprise à TJM égal ?

Sur un TJM de 400 € (environ 79 000 € facturés par an à 18 jours par mois sur 11 mois), la micro-entreprise BNC laisse environ 59 % du chiffre d'affaires en net après cotisations et impôt, contre environ 43 % en portage salarial — frais de gestion et cotisations du régime général déduits. L'écart, plusieurs centaines d'euros par mois, correspond au prix de la protection sociale complète du portage (chômage, retraite, prévoyance).

### Le portage salarial est-il plus sûr que la micro-entreprise ?

Sur le plan social, oui : le salarié porté cotise au chômage (ARE possible en fin de mission), valide une retraite complète au régime général et bénéficie d'une prévoyance et d'une mutuelle d'entreprise. Le micro-entrepreneur n'a ni chômage, ni retraite complète, et sa protection maladie est minimale. En contrepartie, le portage rend nettement moins de net à chiffre d'affaires égal — la « sécurité » est exactement ce que finance la différence.

### Peut-on cumuler portage salarial et micro-entreprise ?

Oui, le cumul est légal et courant : le portage est un contrat de travail, la micro une activité indépendante, et rien n'interdit d'avoir les deux. Schéma classique : les grosses missions longues passent en portage (protection, bulletin de paie), les petites prestations ponctuelles en micro (net maximal, souplesse). Attention seulement à d'éventuelles clauses d'exclusivité dans le contrat de portage et au plafond de CA de la micro.

### Qui devrait choisir le portage plutôt que la micro-entreprise ?

Le portage s'impose dans quatre situations : vous quittez un CDI et voulez continuer à vous constituer des droits au chômage ; vous préparez un crédit immobilier et avez besoin de bulletins de salaire ; votre client (souvent grand compte) exige un intervenant salarié ; ou votre TJM dépasse ce que le plafond de la micro autorise et vous ne voulez pas créer de société. Sinon, à petit niveau de frais et sous le plafond, la micro maximise votre revenu.
