En bref
L'entreprise individuelle au réel déduit vos frais professionnels à l'euro près, sans aucun plafond de chiffre d'affaires, avec des cotisations TNS d'environ 45 % du bénéfice après l'abattement d'assiette de 26 % de la réforme 2026. Elle devient plus avantageuse que la micro-entreprise dès que vos frais réels dépassent l'abattement forfaitaire de 34 % du chiffre d'affaires. Taux 2026.
▙ Votre activité
Tous les statuts freelance▙ Votre foyer fiscal
Tous les statuts| Chiffre d'affaires | +108 900 € |
| Cotisations sociales + CFP | −28 096 € |
| Impôt sur le revenu | −14 666 € |
| Frais professionnels (non déductibles) | −3 000 € |
| Net final | 63 138 € |
| Chiffre d'affaires | +108 900 € |
| Frais professionnels (déductibles) | −3 000 € |
| Cotisations sociales TNS | −31 769 € |
| Impôt sur le revenu | −16 025 € |
| Net final | 58 106 € |
| Chiffre d'affaires | +108 900 € |
| Frais professionnels (déductibles) | −3 000 € |
| Cotisations sociales TNS | −31 769 € |
| Impôt sur les sociétés | 0 € |
| Fiscalité des dividendes | 0 € |
| Impôt sur le revenu | −16 025 € |
| Net final | 58 106 € |
| Chiffre d'affaires | +108 900 € |
| Frais professionnels (déductibles) | −3 000 € |
| Cotisations (salariales + patronales) | −46 732 € |
| Impôt sur les sociétés | 0 € |
| Flat tax sur dividendes (31,4 %) | 0 € |
| Impôt sur le revenu | −9 670 € |
| Net final | 49 499 € |
| Chiffre d'affaires | +108 900 € |
| Frais de gestion (7 %) | −7 623 € |
| Frais professionnels | −3 000 € |
| Cotisations (salariales + patronales) | −45 072 € |
| Impôt sur le revenu | −8 000 € |
| Net final | 45 205 € |
| Coût total employeur | +78 100 € |
| Salaire brut | +55 000 € |
| Cotisations salariales | −11 470 € |
| Impôt sur le revenu (taux PAS ≈ 11,7 %) | −5 288 € |
| Net final | 38 242 € |
Frais réels déductibles : là où l'EI dépasse la micro
En micro, l'administration applique un abattement forfaitaire (34 % en BNC) censé couvrir vos charges, que vos frais réels soient plus hauts ou plus bas. À l'EI au réel, on inverse la logique : vous tenez une comptabilité et vous déduisez vos dépenses professionnelles à l'euro près — local, matériel, déplacements, sous-traitance, logiciels, formation. Votre bénéfice imposable, c'est le chiffre d'affaires moins ces frais.
La règle de décision est simple : comparez vos frais réels à l'abattement de la micro. Tant qu'ils restent en dessous, la micro et son zéro paperasse gagnent. Dès qu'ils le dépassent — un poste de travail coûteux, un atelier, de la sous-traitance régulière — l'EI au réel devient plus avantageuse, car elle paie cotisations et impôt sur un bénéfice plus faible.
Le régime TNS : des cotisations allégées, une protection à surveiller
L'entrepreneur individuel est un travailleur non salarié (TNS). Ses cotisations, calculées sur le bénéfice, restent nettement plus légères que celles d'un assimilé salarié (SASU, portage) : la réforme 2026 de l'assiette unique applique un abattement de 26 % avant calcul, ce qui rapproche encore l'assiette du revenu réellement perçu. C'est pourquoi, à chiffre d'affaires égal, l'EI laisse souvent plus de net qu'une société à l'IS très chargée sur le salaire.
La contrepartie est sociale : pas d'assurance chômage, une retraite et une prévoyance moins généreuses que celles du régime général. Depuis 2022, le patrimoine personnel de l'entrepreneur est en revanche protégé par défaut, et l'EI peut, si besoin, opter pour l'impôt sur les sociétés. Pour qui veut maximiser son net en gérant lui-même sa protection, c'est un statut redoutablement efficace.
À partir de quel TJM l'EI bat le CDI
Grâce à des cotisations modérées et à la déduction des frais, l'EI au réel affiche un seuil de TJM bas pour égaler un CDI donné — souvent juste au-dessus de la micro, et bien en dessous des statuts à l'IS. Le tableau plus bas donne ce point de bascule selon votre salaire de référence ; réglez le simulateur sur vos jours facturés et vos frais réels pour obtenir le vôtre.
L'EI est le prolongement naturel de la micro : on y passe quand le chiffre d'affaires franchit le plafond, ou quand les frais montent assez pour rendre l'abattement forfaitaire perdant. Tant que vous restez « léger », gardez la micro ; dès que l'activité grossit, l'EI au réel prend le relais sans changer de logique — vous restez en nom propre, sans créer de société.
EI au réel en graphiques
À partir de quel TJM EI au réel bat le CDI ?
Le TJM à partir duquel un freelance égale le revenu net d'un CDI dépend du salaire de référence et du statut. Face à un CDI cadre de 55 000 € brut (3 187 €/mois net après impôt), il faut facturer environ 355 € en EI ou EURL — à 18 jours facturés par mois sur 11 mois, 3 000 € de frais professionnels, célibataire sans enfant. Seuils calculés au taux 2026 par ce simulateur (moteur validé contre le calculateur officiel URSSAF).
| Brut CDI/an | Net CDI/mois | EI / EURL |
|---|---|---|
| 35 000 € | 2 193 € | 220 € |
| 40 000 € | 2 474 € | 255 € |
| 45 000 € | 2 712 € | 290 € |
| 50 000 € | 2 946 € | 320 € |
| 55 000 € | 3 187 € | 355 € |
| 60 000 € | 3 428 € | 380 € |
| 70 000 € | 3 909 € | 440 € |
| 80 000 € | 4 390 € | 500 € |
| 90 000 € | 4 871 € | 555 € |
| 100 000 € | 5 353 € | 610 € |
| 120 000 € | 6 273 € | 730 € |
Hypothèses : 18 jours facturés/mois × 11 mois, 3 000 € de frais pro/an, hors ACRE et versement libératoire. EI au réel et EURL donnent le même seuil tant que toute l'enveloppe est versée en rémunération ; l'EURL ne s'en écarte qu'avec une stratégie de dividendes. Comparaison à revenu net égal : à pondérer par les droits du CDI (chômage, congés payés, retraite).
EI au réel : forces & faiblesses
Travailleur indépendant (TNS) imposé à l'IR sur son bénéfice réel. Depuis 2026, cotisations calculées sur une assiette unique (revenu − 26 %).
- ▸Frais réels 100 % déductibles (matériel, déplacement, local…)
- ▸Pas de plafond de chiffre d'affaires
- ▸Cotisations TNS plus faibles qu'en assimilé salarié
- ▸Patrimoine personnel protégé par défaut depuis 2022
- ▸Pas de capital social, formalités réduites
- ▸Option possible pour l'IS sans changer de structure
- ▸Comptabilité réelle : expert-comptable quasi indispensable
- ▸Pas d'assurance chômage
- ▸Tout le bénéfice est imposé à l'IR, même non prélevé
- ▸Cotisations minimales dues même sans bénéfice
- ▸Protection sociale TNS moins couvrante (prévoyance à compléter)
Le point de comparaison : salaire fixe, protection maximale, mais coût employeur ~1,42× le brut et revenu plafonné.
- ▸Sécurité de revenu + assurance chômage complète
- ▸Retraite, mutuelle, prévoyance financées en partie par l'employeur
- ▸Congés payés, RTT, tickets resto, intéressement…
- ▸Crédit immobilier le plus simple à obtenir
- ▸Aucune gestion administrative
- ▸Revenu plafonné : l'écart facturation/salaire part à l'employeur
- ▸Pas de déduction de frais (hors 10 % forfaitaires)
- ▸Moins de liberté (horaires, choix des missions)
- ▸Évolution salariale lente vs TJM du marché
Questions fréquentes
Sources officielles (taux 2026)
Taux et barèmes vérifiés le 3 juillet 2026.
▸ Méthodologie détaillée, sources officielles et limites du calcul
⚠ Simulation indicative : elle ne remplace pas un expert-comptable et ne modélise pas tous les cas particuliers. Les résultats sont comparés au moteur open source « modele-social » de l'URSSAF (écarts inférieurs à 2 %) ; ce site reste indépendant et sans lien avec l'administration. Aucune donnée n'est envoyée : tout est calculé dans votre navigateur.