En bref
Micro et EI au réel partagent le même régime social TNS : seule change la façon de calculer l'impôt. Si vos frais professionnels réels sont inférieurs à l'abattement forfaitaire de 34 % du chiffre d'affaires, la micro rend plus — à 400 €/jour, environ 3 915 €/mois net contre 3 582 € au réel. Au-dessus, l'EI au réel les déduit pour de vrai, sans plafond de chiffre d'affaires.
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Tous les statuts| Chiffre d'affaires | +108 900 € |
| Cotisations sociales + CFP | −28 096 € |
| Impôt sur le revenu | −14 666 € |
| Frais professionnels (non déductibles) | −3 000 € |
| Net final | 63 138 € |
| Chiffre d'affaires | +108 900 € |
| Frais professionnels (déductibles) | −3 000 € |
| Cotisations sociales TNS | −31 769 € |
| Impôt sur le revenu | −16 025 € |
| Net final | 58 106 € |
| Chiffre d'affaires | +108 900 € |
| Frais professionnels (déductibles) | −3 000 € |
| Cotisations sociales TNS | −31 769 € |
| Impôt sur les sociétés | 0 € |
| Fiscalité des dividendes | 0 € |
| Impôt sur le revenu | −16 025 € |
| Net final | 58 106 € |
| Chiffre d'affaires | +108 900 € |
| Frais professionnels (déductibles) | −3 000 € |
| Cotisations (salariales + patronales) | −46 732 € |
| Impôt sur les sociétés | 0 € |
| Flat tax sur dividendes (31,4 %) | 0 € |
| Impôt sur le revenu | −9 670 € |
| Net final | 49 499 € |
| Chiffre d'affaires | +108 900 € |
| Frais de gestion (7 %) | −7 623 € |
| Frais professionnels | −3 000 € |
| Cotisations (salariales + patronales) | −45 072 € |
| Impôt sur le revenu | −8 000 € |
| Net final | 45 205 € |
| Coût total employeur | +78 100 € |
| Salaire brut | +55 000 € |
| Cotisations salariales | −11 470 € |
| Impôt sur le revenu (taux PAS ≈ 11,7 %) | −5 288 € |
| Net final | 38 242 € |
La seule vraie question : vos frais contre l'abattement de 34 %
En micro, l'administration considère forfaitairement que 34 % de votre chiffre d'affaires (en BNC) couvre vos frais, quel que soit leur montant réel. En EI au réel, vous déduisez vos dépenses effectives : loyer, matériel, déplacements, logiciels, sous-traitance. La règle de décision est arithmétique : si vos frais réels sont inférieurs à 34 % du CA, la micro rend plus ; s'ils sont supérieurs, l'EI au réel prend l'avantage.
Sur le scénario de référence avec 3 000 € de frais par an, à 400 €/jour, la micro laisse environ 3 915 €/mois net contre 3 582 € en EI au réel. Tant que vos frais restent modestes, l'abattement forfaitaire joue en votre faveur ; c'est l'atout de la micro pour les prestataires intellectuels peu équipés.
Le plafond et la paperasse font le reste
Au-delà de l'impôt, deux différences comptent. La micro plafonne à 83 600 € de chiffre d'affaires en prestations ; l'EI au réel n'a aucune limite, ce qui en fait la suite logique quand l'activité grossit. Et la micro ne demande aucune comptabilité — un simple relevé de recettes — quand l'EI impose un vrai bilan, souvent avec un expert-comptable (comptez quelques centaines à un millier d'euros par an).
Les deux statuts partagent en revanche l'essentiel : vous restez en nom propre, travailleur non salarié, sans assurance chômage, avec depuis 2022 la protection par défaut de votre patrimoine personnel. Passer de la micro à l'EI ne change donc ni votre régime social, ni votre responsabilité — seulement la façon de calculer le bénéfice imposable.
Le bon réflexe : simuler avant de renoncer à l'abattement
L'erreur classique est de basculer au réel « parce que ça fait sérieux » alors que l'abattement forfaitaire est plus avantageux. Faites le calcul inverse : additionnez vos frais professionnels réels d'une année et comparez-les à 34 % de votre chiffre d'affaires. Si l'abattement est plus généreux, la micro vous fait gagner de l'argent ET du temps.
À l'inverse, si vous engagez du matériel coûteux, un local ou de la sous-traitance régulière, l'EI au réel déduit tout cela et fait fondre votre base imposable. Le simulateur ci-dessus vous permet de faire varier vos frais pour voir précisément le point de bascule entre les deux régimes.
Micro-entreprise et EI au réel en graphiques
À partir de quel TJM Micro-entreprise et EI au réel bat le CDI ?
Le TJM à partir duquel un freelance égale le revenu net d'un CDI dépend du salaire de référence et du statut. Face à un CDI cadre de 55 000 € brut (3 187 €/mois net après impôt), il faut facturer environ 320 €/jour en micro-entreprise et 355 € en EI ou EURL — à 18 jours facturés par mois sur 11 mois, 3 000 € de frais professionnels, célibataire sans enfant. Seuils calculés au taux 2026 par ce simulateur (moteur validé contre le calculateur officiel URSSAF).
| Brut CDI/an | Net CDI/mois | Micro (BNC) | EI / EURL |
|---|---|---|---|
| 35 000 € | 2 193 € | 210 € | 220 € |
| 40 000 € | 2 474 € | 240 € | 255 € |
| 45 000 € | 2 712 € | 265 € | 290 € |
| 50 000 € | 2 946 € | 290 € | 320 € |
| 55 000 € | 3 187 € | 320 € | 355 € |
| 60 000 € | 3 428 € | 345 € | 380 € |
| 70 000 € | 3 909 € | 400 € | 440 € |
| 80 000 € | 4 390 € | — | 500 € |
| 90 000 € | 4 871 € | — | 555 € |
| 100 000 € | 5 353 € | — | 610 € |
| 120 000 € | 6 273 € | — | 730 € |
Hypothèses : 18 jours facturés/mois × 11 mois, 3 000 € de frais pro/an, micro en BNC (abattement 34 %), hors ACRE et versement libératoire. « — » = plafond de la micro-entreprise dépassé (CA > 83 600 €). EI au réel et EURL donnent le même seuil tant que toute l'enveloppe est versée en rémunération ; l'EURL ne s'en écarte qu'avec une stratégie de dividendes. Comparaison à revenu net égal : à pondérer par les droits du CDI (chômage, congés payés, retraite).
Micro-entreprise et EI au réel : forces & faiblesses
Régime ultra-simplifié : cotisations en % du CA, pas de comptabilité complexe. Plafonds 2026 : 83 600 € (services) / 203 100 € (vente).
- ▸Création gratuite et en ligne en quelques minutes
- ▸Comptabilité réduite à un livre de recettes
- ▸Cotisations proportionnelles au CA : pas de CA = pas de charges
- ▸ACRE : cotisations réduites la première année
- ▸Versement libératoire possible (IR payé au fil de l'eau, taux fixe)
- ▸Franchise de TVA sous 37 500 € (services) / 85 000 € (vente)
- ▸Frais réels NON déductibles (abattement forfaitaire uniquement)
- ▸Plafond de CA limitant pour les TJM élevés
- ▸Pas d'assurance chômage
- ▸Retraite calculée sur une base réduite
- ▸Pas de récupération de TVA sur les achats (sous franchise)
- ▸Crédibilité parfois moindre auprès des grands comptes
Travailleur indépendant (TNS) imposé à l'IR sur son bénéfice réel. Depuis 2026, cotisations calculées sur une assiette unique (revenu − 26 %).
- ▸Frais réels 100 % déductibles (matériel, déplacement, local…)
- ▸Pas de plafond de chiffre d'affaires
- ▸Cotisations TNS plus faibles qu'en assimilé salarié
- ▸Patrimoine personnel protégé par défaut depuis 2022
- ▸Pas de capital social, formalités réduites
- ▸Option possible pour l'IS sans changer de structure
- ▸Comptabilité réelle : expert-comptable quasi indispensable
- ▸Pas d'assurance chômage
- ▸Tout le bénéfice est imposé à l'IR, même non prélevé
- ▸Cotisations minimales dues même sans bénéfice
- ▸Protection sociale TNS moins couvrante (prévoyance à compléter)
Le point de comparaison : salaire fixe, protection maximale, mais coût employeur ~1,42× le brut et revenu plafonné.
- ▸Sécurité de revenu + assurance chômage complète
- ▸Retraite, mutuelle, prévoyance financées en partie par l'employeur
- ▸Congés payés, RTT, tickets resto, intéressement…
- ▸Crédit immobilier le plus simple à obtenir
- ▸Aucune gestion administrative
- ▸Revenu plafonné : l'écart facturation/salaire part à l'employeur
- ▸Pas de déduction de frais (hors 10 % forfaitaires)
- ▸Moins de liberté (horaires, choix des missions)
- ▸Évolution salariale lente vs TJM du marché
Questions fréquentes
Sources officielles (taux 2026)
Taux et barèmes vérifiés le 3 juillet 2026.
▸ Méthodologie détaillée, sources officielles et limites du calcul
⚠ Simulation indicative : elle ne remplace pas un expert-comptable et ne modélise pas tous les cas particuliers. Les résultats sont comparés au moteur open source « modele-social » de l'URSSAF (écarts inférieurs à 2 %) ; ce site reste indépendant et sans lien avec l'administration. Aucune donnée n'est envoyée : tout est calculé dans votre navigateur.