En bref
Parmi les statuts freelance, seul le portage salarial cotise à l'assurance chômage et ouvre de nouveaux droits à l'ARE. La micro-entreprise, l'EI, l'EURL et la SASU n'en ouvrent aucun. En revanche, un reliquat d'ARE issu d'un CDI rompu peut être conservé et cumulé avec l'activité : en SASU sans salaire, l'allocation est même maintenue à 100 %, la rémunération se faisant en dividendes.
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Tous les statuts| Chiffre d'affaires | +108 900 € |
| Cotisations sociales + CFP | −28 096 € |
| Impôt sur le revenu | −14 666 € |
| Frais professionnels (non déductibles) | −3 000 € |
| Net final | 63 138 € |
| Chiffre d'affaires | +108 900 € |
| Frais professionnels (déductibles) | −3 000 € |
| Cotisations sociales TNS | −31 769 € |
| Impôt sur le revenu | −16 025 € |
| Net final | 58 106 € |
| Chiffre d'affaires | +108 900 € |
| Frais professionnels (déductibles) | −3 000 € |
| Cotisations sociales TNS | −31 769 € |
| Impôt sur les sociétés | 0 € |
| Fiscalité des dividendes | 0 € |
| Impôt sur le revenu | −16 025 € |
| Net final | 58 106 € |
| Chiffre d'affaires | +108 900 € |
| Frais professionnels (déductibles) | −3 000 € |
| Cotisations (salariales + patronales) | −46 732 € |
| Impôt sur les sociétés | 0 € |
| Flat tax sur dividendes (31,4 %) | 0 € |
| Impôt sur le revenu | −9 670 € |
| Net final | 49 499 € |
| Chiffre d'affaires | +108 900 € |
| Frais de gestion (7 %) | −7 623 € |
| Frais professionnels | −3 000 € |
| Cotisations (salariales + patronales) | −45 072 € |
| Impôt sur le revenu | −8 000 € |
| Net final | 45 205 € |
| Coût total employeur | +78 100 € |
| Salaire brut | +55 000 € |
| Cotisations salariales | −11 470 € |
| Impôt sur le revenu (taux PAS ≈ 11,7 %) | −5 288 € |
| Net final | 38 242 € |
Un seul statut freelance ouvre des droits : le portage
Parmi les statuts d'indépendant, seul le portage salarial cotise à l'assurance chômage : le salarié porté ouvre des droits à l'ARE en fin de mission, exactement comme un salarié classique. La micro-entreprise, l'EI, l'EURL et la SASU n'ouvrent aucun droit au chômage au titre de l'activité — leurs dirigeants ne cotisent pas à France Travail.
C'est l'argument décisif du portage pour qui veut continuer à se constituer un filet : chaque mission portée génère de nouveaux droits, et vous restez « bankable » avec des bulletins de paie. Les autres statuts optimisent le net, mais laissent la gestion du risque entièrement à votre charge.
Maintenir l'ARE d'un CDI pendant le lancement
Si vous quittez un CDI avec des droits ouverts (rupture conventionnelle, licenciement), vous pouvez conserver cette ARE tout en démarrant une activité freelance — le montant est simplement ajusté selon vos revenus. En SASU, le montage le plus favorable consiste à ne pas se verser de salaire : l'ARE est alors maintenue à 100 % et l'on se rémunère en dividendes une fois les résultats là.
En micro-entreprise ou en EI, l'ARE est réduite chaque mois en fonction du chiffre d'affaires ou du bénéfice dégagé, mais le cumul reste possible et adoucit la transition. C'est pourquoi beaucoup de freelances lancent leur activité juste après une rupture conventionnelle : le reliquat d'ARE sert de trésorerie de démarrage.
ARCE : toucher son chômage en capital
France Travail propose une alternative au maintien mensuel : l'ARCE, qui verse une partie de vos droits en deux fois sous forme de capital pour financer la création ou la reprise d'entreprise. C'est intéressant si vous avez besoin d'un apport initial, mais vous renoncez au maintien mensuel de l'ARE — un arbitrage à faire selon votre besoin de trésorerie et la maturité de votre projet.
Dans tous les cas, ces dispositifs ne créent pas de droits nouveaux : ils consomment un reliquat existant. Une fois épuisé, seul le portage salarial permet d'en reconstituer. Anticiper ce point évite la mauvaise surprise du freelance qui, deux ans après avoir quitté son CDI, découvre qu'il n'a plus aucun filet.
Comparaison visuelle
À partir de quel TJM le freelance bat le CDI ?
Le TJM à partir duquel un freelance égale le revenu net d'un CDI dépend du salaire de référence et du statut. Face à un CDI cadre de 55 000 € brut (3 187 €/mois net après impôt), il faut facturer environ 320 €/jour en micro-entreprise, 355 € en EI ou EURL, 410 € en SASU et 455 € en portage salarial — à 18 jours facturés par mois sur 11 mois, 3 000 € de frais professionnels, célibataire sans enfant. Seuils calculés au taux 2026 par ce simulateur (moteur validé contre le calculateur officiel URSSAF).
| Brut CDI/an | Net CDI/mois | Micro (BNC) | EI / EURL | SASU | Portage |
|---|---|---|---|---|---|
| 35 000 € | 2 193 € | 210 € | 220 € | 265 € | 295 € |
| 40 000 € | 2 474 € | 240 € | 255 € | 300 € | 335 € |
| 45 000 € | 2 712 € | 265 € | 290 € | 335 € | 375 € |
| 50 000 € | 2 946 € | 290 € | 320 € | 370 € | 415 € |
| 55 000 € | 3 187 € | 320 € | 355 € | 410 € | 455 € |
| 60 000 € | 3 428 € | 345 € | 380 € | 445 € | 495 € |
| 70 000 € | 3 909 € | 400 € | 440 € | 515 € | 575 € |
| 80 000 € | 4 390 € | — | 500 € | 590 € | 655 € |
| 90 000 € | 4 871 € | — | 555 € | 660 € | 735 € |
| 100 000 € | 5 353 € | — | 610 € | 735 € | 815 € |
| 120 000 € | 6 273 € | — | 730 € | 880 € | 975 € |
Hypothèses : 18 jours facturés/mois × 11 mois, 3 000 € de frais pro/an, micro en BNC (abattement 34 %), hors ACRE et versement libératoire. « — » = plafond de la micro-entreprise dépassé (CA > 83 600 €). EI au réel et EURL donnent le même seuil tant que toute l'enveloppe est versée en rémunération ; l'EURL ne s'en écarte qu'avec une stratégie de dividendes. Comparaison à revenu net égal : à pondérer par les droits du CDI (chômage, congés payés, retraite).
Questions fréquentes
Sources officielles (taux 2026)
Taux et barèmes vérifiés le 3 juillet 2026.
- ▸ economie.gouv.fr — cotisations micro-entreprise
- ▸ economie.gouv.fr — barème de l'impôt sur le revenu
- ▸ service-public.fr — évolution du PFU (flat tax 31,4 %)
- ▸ urssaf.fr — réforme de l'assiette des indépendants
- ▸ service-public.fr — impôt sur les sociétés
- ▸ service-public.fr — régime fiscal micro
- ▸ CCI Paris IdF — charges sociales au 1ᵉʳ janvier 2026
⚠ Simulation indicative, à jour des principaux taux 2026 (barème IR sur revenus 2025, PFU 31,4 %, réforme de l'assiette TNS). Elle ne remplace pas un expert-comptable : CFE, plafonnement du quotient familial, réduction générale de cotisations, mutuelle obligatoire, prévoyance et cas particuliers ne sont pas tous modélisés. Les avantages salarié (titres-resto, transport, mutuelle) sont une estimation indicative, affichée à part et exclue du net comparé. Aucune donnée n'est envoyée : tout est calculé dans votre navigateur.
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